Une formation peut recevoir d’excellents retours à chaud. L’énergie du groupe est là, les outils semblent pertinents, les idées fusent. Très bien. Mais la question qui compte vraiment arrive après : que reste-t-il une fois de retour sur le terrain ?
Quelques semaines ou quelques mois plus tard, les participant·es ont retrouvé leurs contraintes, leurs groupes, leurs clients, leurs imprévus et leurs agendas bien remplis. Est-ce que leur pratique a changé ? Leur posture est-elle plus solide ? Les outils sont-ils réellement utilisés ?
Chez Décalez!, nous avons voulu le vérifier.
En juillet 2026, nous avons mené une évaluation à froid auprès des ancien·nes participant·es de notre Formation de formateurs utilisant l’improvisation appliquée. L’objectif : regarder au-delà de la satisfaction immédiate et comprendre les effets durables de la formation sur les pratiques professionnelles.
Un bilan à froid auprès de 7 ancien·nes participant·es
Le questionnaire a été envoyé aux 12 participant·es des promotions 2023-2024, 2024-2025 et 2025-2026.
Huit questionnaires ont été réceptionnés, dont un doublon. Afin de ne pas surpondérer un avis, l’analyse porte sur 7 répondant·es uniques, soit un taux de réponse de 58 %.
Ce faible effectif ne permet pas de tirer des conclusions généralisables à l’ensemble des promotions. Il donne toutefois à voir des tendances qualitatives très cohérentes — et particulièrement encourageantes.
Le premier enseignement est clair : la formation ne transmet pas seulement des exercices d’improvisation. Elle aide les participant·es à développer une posture de formateur·rice plus affirmée, à mieux structurer leurs interventions et à s’adapter davantage à la réalité des groupes.
Plus de légitimité dans sa posture de formateur·rice
Le résultat le plus marquant concerne la confiance et la légitimité professionnelle.
Les 7 répondant·es sur 7 déclarent se sentir plus légitimes dans leur posture de formateur ou de formatrice. Parmi eux, 6 sur 7 considèrent que leur posture a évolué « beaucoup » ; la dernière personne évoque une évolution « moyennement ». Aucun·e ne signale une absence d’évolution.
Former ne se limite pas à maîtriser un sujet. Il s’agit aussi de tenir un cadre, de créer des conditions d’apprentissage, de faire participer un groupe, d’écouter ce qui se passe et de savoir ajuster une séquence sans perdre l’objectif de vue.
« J’ai gagné en assurance, j’ai étoffé ma posture, j’ai appris à adapter des outils à différents contextes. »
Erika Normand, facilitatrice et formatrice pour adultes
Cette évolution est au cœur de notre approche. L’improvisation appliquée n’est pas mobilisée pour faire le show ou ajouter une animation sympathique entre deux slides. C’est un outil pédagogique pour s’entraîner à écouter, décider, rebondir, coopérer et animer avec davantage de présence.
« Le fait de me voir d’abord comme un formateur, et deuxièmement comme utilisant l’improvisation appliquée en tant qu’outil pédagogique. »
Maxime Bladé, formateur indépendant
Mieux s’adapter aux groupes et aux imprévus
Dans la vraie vie d’une formation, le conducteur parfait rencontre parfois un groupe silencieux, une consigne incomprise, un débat imprévu ou un timing qui file à toute vitesse.
Bref : le réel entre dans la salle.
Le bilan à froid montre que les participant·es se sentent mieux équipé·es pour composer avec ce qui se passe réellement dans leurs interventions :
- 6 sur 7 adaptent davantage leurs interventions au groupe ;
- 4 sur 7 utilisent plus souvent l’expérimentation et les mises en situation ;
- 4 sur 7 prennent davantage de risques pédagogiques ;
- 3 sur 7 construisent ou adaptent plus facilement des exercices d’improvisation appliquée ;
- 3 sur 7 sont davantage attentif·ves à la dynamique du groupe ;
- 3 sur 7 se disent plus à l’aise avec les imprévus.
L’improvisation appliquée ne consiste donc pas à « faire au feeling ». Elle permet au contraire de développer des réflexes utiles : observer, écouter, accueillir une situation, faire un choix et adapter son intervention tout en gardant le cap pédagogique.
En d’autres termes : se préparer à ne pas pouvoir tout prévoir.
Des acquis utilisés bien au-delà de l’improvisation
L’un des enseignements forts du bilan est que le transfert ne se limite pas à l’utilisation d’exercices d’improvisation.
Certes, 5 répondant·es sur 7 indiquent continuer à mobiliser l’improvisation appliquée, au moins occasionnellement, dans leurs pratiques. Mais les acquis les plus cités concernent plus largement la conception et l’animation de formations.
Les participant·es évoquent notamment leur capacité à :
- clarifier les besoins d’un commanditaire ;
- définir des objectifs pédagogiques ;
- construire un séquençage et un conducteur ;
- choisir des modalités d’évaluation ;
- adapter une intervention à un groupe ou à un contexte ;
- proposer des brise-glaces, energizers et mises en situation utiles ;
- débriefer une activité pour transformer l’expérience en apprentissage ;
- gérer les imprévus ou les situations difficiles.
« J’ai compris ce qu’était réellement l’utilisation de l’impro appliquée pour de la formation professionnelle, et comment adapter cet outil à différentes problématiques ou objectifs pédagogiques. »
C’est précisément la vocation de cette formation : faire de l’improvisation un moyen de mieux exercer le métier de formateur·rice, et non une finalité.
Une formation qui peut ouvrir de nouvelles opportunités
Les effets constatés ne s’arrêtent pas à la salle de formation.
6 répondant·es sur 7 estiment que la formation a contribué, directement ou indirectement, à développer de nouvelles interventions, prestations ou opportunités professionnelles.
Dans le détail, 2 personnes identifient un impact direct et 4 un impact indirect. Les exemples cités vont de la création de nouvelles formations au lancement d’une intervention sur l’accueil de l’imprévu, jusqu’à une embauche comme formateur.
« Cela a facilité mon embauche en tant que formateur en sécurité laser. »
Denis Férachou
Une formation ne remplace ni l’expérience, ni le réseau, ni le travail nécessaire pour développer une activité. Mais elle peut donner la méthode, les repères et la confiance nécessaires pour transformer son expertise en expérience pédagogique structurée et engageante.
Ce que ce bilan confirme pour la suite
Les retours confortent les fondations de la Formation de formateurs Décalez! :
- la pratique et l’expérimentation comme cœur pédagogique ;
- le travail à partir de situations professionnelles concrètes ;
- l’échange entre pairs ;
- l’improvisation appliquée au service d’objectifs professionnels ;
- des journées dont la durée est jugée adaptée par 7 répondant·es sur 7.
Ils nous invitent aussi à faire évoluer certains points. Pour les prochaines promotions, nous souhaitons notamment resserrer le rythme entre les sessions pour mieux soutenir l’expérimentation sur le terrain et repenser le format du codéveloppement en ligne : plus court, plus ciblé et plus directement utile.
« De la méthode et de la mise en pratique, des rencontres très chouettes. »
Mathilde Elie, Latitude Créative
Ce qui reste, c’est une pratique qui évolue
Ce bilan à froid nous rappelle qu’une formation réussie ne se mesure pas uniquement à la sortie de salle.
Elle se mesure aussi dans ce qui se passe ensuite : une consigne reformulée autrement, une mise en situation mieux choisie, un groupe davantage écouté, un imprévu moins subi, une nouvelle formation imaginée ou une posture plus assumée.
En une phrase : notre Formation de formateurs utilisant l’improvisation appliquée aide les participant·es à se penser et à agir davantage comme des professionnel·les de la formation, capables de structurer, adapter et faire évoluer leurs interventions.
Et le réel, lui, n’a toujours pas lu le conducteur.
Envie de faire évoluer votre pratique de formateur·rice ?
Vous souhaitez renforcer votre posture, concevoir des formations plus vivantes et engager davantage vos groupes ?
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La promo 2027 : Cursus du 21 janvier au 19 mars 2027
Source : Bilan à froid Décalez!, septembre 2026. Questionnaire adressé à 12 participant·es des promotions 2023-2024, 2024-2025 et 2025-2026 ; analyse réalisée sur 7 répondant·es uniques. Les résultats doivent être lus comme des tendances qualitatives, compte tenu du faible effectif.




