Les 7 différences entre la France et les Etats-Unis

1024 768 Décalez!

En août dernier, Décalez! a eu la chance de participer au congrès international d’improvisation appliquée au travail à New York durant 4 jours (AIN Conférence). On a pu observer, analyser, sourire des différences notables entre la culture américaine et la culture française. Et puisque nous sommes joueurs, nous avons établi le jeu des 7 différences entre la France et les Etats-Unis. Are you ready ? Begin !

  1. Aux Etats-Unis tout est « A-M-A-Z-I-N-G »

Pour qui connait la culture américaine, ce titre ne vous apprend rien. En étant le seul français de toute la conférence, je me doutais que l’immersion serait totale. Même ma collègue québécoise m’a fait vivre des interactions en VO sans sous-titre. Autant dire que j’ai été au pied du mur pour « speak english a little bit because I’m french ». Or, lors d’une prise de parole dans un anglais maladroit, les américains vous gratifie d’un « A-M-A-Z-I-N-G ». Ca sonne too much aux oreilles d’un français cynique, mais ça boost indubitablement la confiance en soi. Grisé par les « A-M-A-Z-I-N-G » à tout va, je me suis dit que les américains avaient cette culture de l’encouragement qui nous fait parfois cruellement défaut en France.

  1. Aux Etats-Unis, on a la culture du débrief

J’ai fait un bon nombre d’ateliers expérientiels différents durant ce séminaire. Mais j’y ai trouvé une constante : le rituel du débrief, après CHAQUE exercice d’improvisation. Et pas n’importe lequel : un débrief sur les ressentis des participants. En effet, chacun est amené à s’exprimer sur lui-même, son vécu personnel de l’exercice. C’est apparemment un rituel indissociable outre-Atlantique concernant l’improvisation théâtrale. On pourrait s’attendre à ce que ces retours virent à tout moment à la thérapie de groupe. Que nenni. Les débordements sont contenus par un cadrage ferme, subtile alliance de liberté d’expression et de performance timée. Remarque à moi-même : les américains sont performants même lorsqu’ils parlent sentiments. Alors qu’en France, notre sacro-saint esprit critique va d’abord questionner l’exercice, sur son sens, son objectif, voire sa pertinence. Le fameux débrief peut rapidement prendre des allures de débat, aux élans parfois incontrôlables. Latins que nous sommes…

  1. Aux États-Unis, on a toujours un gobelet à la main

Que ce soit du café, du soda ou tout autre chose, le gobelet c’est l’accessoire par excellence de l’américain. Une sorte de prolongement de soi, qui demande à être régulièrement rempli… par quoi ? Par qui ? L’heure n’est pas à la psychologie de comptoir, mais plus à l’observation et à la compréhension du phénomène gobelet. Est-ce que ça ne correspondrait avec cette idée qu’on peut consommer à n’importe quel moment ? Là où nous en France, nous avons clairement calibré ces temps de boisson, de repas, les nord-américains sont beaucoup plus souples. Je rassure mes collègues soucieux, comme nous, de leur empreinte carbone, de nombreux participants disposaient de leur propre récipient pour éviter la prolifération de déchets. Sauvés par le gong : on consomme, mais pas n’importe comment.

  1. Aux Etats-Unis, on met de l’impro appliqué partout et on assume

A la maison blanche, à l’hôpital, dans l’éducation (évidemment), l’innovation, dans la méthode du design thinking, dans la sphère familiale, dans les plans d’alimentation, dans les projets de coopération internationale, dans l’interculturalité, dans les statistiques, dans le coaching, dans la cuisine… etc etc, (oui le programme était dense avec une multitude d’atelier et de retours d’expérience). Les intervenants en impro appliquée sont en majorité des professionnels de la formation ou de l’entreprise. Contrairement à la France, très peu de comédiens ont investi ce marché de niche. En d’autres termes, l’improvisation appliquée est un domaine clairement distinct de l’improvisation théâtrale outre-Atlantique.

  1. Aux Etats-Unis, on prend une grosse part de ses congés pour assister à cet événement

Les Américains (et tout particulièrement les new-yorkais), ont le sens de l’accueil (enfin, pas la douane). Vous ne pouvez pas ouvrir un guide ou regarder une carte sans que l’on vienne vous proposer de l’aide, et c’est plutôt plaisant. Cette sociabilité a amené les américains à régulièrement me questionner, notamment sur la durée de mon séjour chez eux. Et je répondais naturellement : « 10 jours ». A force d’observer des réactions admiratives (« A-M-A-Z-I-N-G »), je me suis rendu compte que cela correspondait pour eux à la quasi-totalité de leurs congés annuels. En effet, un américain dispose en moyenne de 9 jours de congés par an (bon, ils disposent aussi de dix jours fériés, mais on n’est clairement pas sur le même registre). Ça m’a donné envie d’aller manifester pour eux, de crier aux congés payés, de les obliger collectivement à se mettre en arrêt maladie. Ma sidération s’est envolée lorsque je me suis aperçue que pour eux, c’était absolument normal d’utiliser la moitié de ses congés pour assister à ces 4 jours de congrès. Encore une différence culturelle notable : nous n’avons pas le même rapport à la valeur travail.

  1. Aux Etats-Unis, on joue toute une soirée pour briser la glace et on assume

L’introduction du congrès s’est faite sur une soirée. Afin que les 350 participants se connaissent mieux et partent en confiance dans cette exploration de plusieurs jours, les animateurs ont de suite brisé la glace. Les fameux Ice-breakers nous ont fait bouger, échanger, se rencontrer les uns les autres. Ne me demandez pas comment, mais je me suis retrouvé à devoir imiter un colibri1, et ça, ça créé du lien. Le discours d’accueil de 7 minutes nous a ainsi lancés sur 2 heures d’exercices ludiques. Autant vous dire que les conférences et autres discours descendants qui habillent 95 % des événements professionnels français font pâle figure à côté de cette émulation sauce barbecue.

  1. Aux Etats-Unis, on fait des jeux coopératifs d’échauffement en attendant l’animateur

Imaginez que vous entrez dans une salle d’atelier, chaises disponibles en cercle. Tous les participants sont là, à l’exception de l’animateur de l’atelier. Votre premier réflexe est le même que celui que vous adoptiez en 5ème B : « 5min de retard…la prof n’est pas là ? dans 5 min, je pars ». Entre fulmination et excitation, vous restez passif dans une situation où l’attente semble être la seule issue. Erreur fatale : les Nord-américains sont là pour vous prouver qu’il y a en a d’autres. Dont celle d’entamer l’atelier de manière autonome en proposant collectivement des échauffements d’impro. Simple, efficace, américain.

Malgré ces 7 différences, nous partageons un objectif commun : aux Etats-Unis, ils croient aussi que l’improvisation va changer le monde !

1Oui, j’ai dit faire appel à Google Translate pour traduire « humming-bird »

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